Services médicaux

Gastro-entérologie

Chef de service | Pr Michel BUSET


Focus | L'EsophyX ™ : Une nouvelle méthode dans le traitement du reflux gastro-oesophagien a été expérimentée pour la première fois dans le monde dans cinq hôpitaux, dont l'unité médico-chirurgicale de gastro-entérologie du CHU Saint-Pierre.

15 % de la population présenterait un reflux gastro-oesophagien (RGO) pathologique pouvant se manifester par le brûlant, des régurgitations, de l’irritation chronique de la gorge … Normalement, après la déglutition, une valve située entre l’oesophage et l’estomac s’ouvre pour permettre aux aliments de passer puis se referme pour empêcher le reflux du contenu de l’estomac vers l’oesophage. Cette valve gastro-oesophagienne à sens unique, créée par l’angle entre l’œsophage et l’estomac, forme le composant principal de la barrière anti-reflux. Dans le cas des personnes atteintes de RGO, cette valve est compromise ou sa fonction a été altérée.

Le traitement médicamenteux, combiné à des mesures hygiéno-diététiques, reste l’approche standard du reflux acide et permet de soulager de nombreux symptômes. Il ne restaure cependant pas l’anatomie naturelle. La chirurgie est une option pour reconstruire la valve anti-reflux.

La fundoplicature transorale sans incisions (EsophyX ™) est l’évolution la plus récente dans le traitement du RGO et se concentre essentiellement sur la restauration de l’anatomie naturelle de la barrière anti-reflux en recréant la valve anti-reflux..

Cette technique est réalisée par voie transorale (par la bouche), ne nécessite pas d’incisions et ne comprend aucune dissection de l’anatomie naturelle.

La procédure, sous anesthésie générale, consiste à faire glisser un endoscope à l’intérieur du dispositif EsophyX ™ et à l’introduire par la bouche dans l’estomac. Sans avoir à couper les tissus ou les vaisseaux sanguins, les tissus situés en haut de l’estomac sont tirés et les plis de tissus sont fixés par des agrafes. Ce procédé est répété à plusieurs reprises jusqu’à ce qu’une valve en forme d’oméga soit créée. Après un jour de contrôle postopératoire, les patients quittent l'hôpital.

Les données récoltées à un an montrent, dans certaines conditions, des résultats extrêmement encourageants quant à l’amendement des symptômes et l’amélioration de la qualité de vie des patients. Cette nouvelle technique devrait offrir une option supplémentaire au sein de l’arsenal thérapeutique actuel du reflux gastro-oesophagien.


Une discipline variée

Vu le nombre important d’organes digestifs concernés, la gastro-entérologie est une des disciplines les plus variées de la médecine interne.

Ses activités cliniques principales peuvent être réparties en secteurs d’hospitalisation, de consultation et médico-technique. Les 32 lits de l’unité 405 sont partagés avec le service de médecine interne générale. Environ 12.000 consultations sont prestées chaque année sur les deux sites du CHU. Les développements techniques qu’a connu la spécialité ont été et sont encore fulgurants depuis la dernière partie du siècle dernier, notamment dans le domaine de l’endoscopie diagnostique et opératoire. Environ 6.000 examens annuels sont réalisés actuellement chez nous.

Une unité médico-technique flambant neuve verra prochainement le jour dans le futur bâtiment 500. Elle comportera sept salles d’examen, dont deux dédiées aux examens sous narcose en collaboration avec le service d’anesthésiologie, et une à l’endoscopie thérapeutique.

Des techniques de pointe

Les centres d’intérêt spécifiques de l’équipe sont multiples. Outre les techniques classiques d’endoscopie bilio-pancréatique, la clinique a récemment participé aux nouvelles approches de fundoplicature endoluminale par l’Esophyx, un dispositif révolutionnaire mis au point par une entreprise basée à Seattle, et dont nous avons été parmi les sept centres européens à participer à l’étude de phase 2.

La clinique s’est récemment dotée de la vidéocapsule et de l’entéroscope à simple ballon, qui devrait lui permettre de se positionner en centre de référence de l’exploration de l’intestin grêle au sein du réseau hospitalier des hôpitaux publics bruxellois IRIS. La participation aux différents groupes scientifiques d’étude des maladies inflammatoires intestinales est particulièrement active. La nouvelle clinique du périnée vient d’être inaugurée sur le site César De Paepe, en collaboration avec les services de gynécologie et d’urologie. D’autres projets sont en cours d’élaboration sur ce site.

L’hépatologie constitue un secteur particulièrement important, dont la réputation auprès du monde de l’industrie pharmaceutique permet une participation très active aux nouveaux développement des traitements des hépatites virales. L’équipe a mis sur pied un réseau de prise en charge des toxicomanes atteints d’hépatite C. L’accent a été mis sur la collaboration avec le service des maladies infectieuses pour les patients co-infectés par les virus de l’hépatite B et du SIDA. Dans le même esprit s’est créé un registre d’observation de l’évolution de la pathologie digestive chez les patients porteurs de l’HIV en fonction des progrès thérapeutiques antiviraux de ces dernières années.

Une collaboration étroite et privilégiée a été récemment mise sur pied avec l’équipe du Professeur Valla, à Beaujon, à Paris, dans le domaine de l’hypertension portale et de l’ascite réfractaire. La clinique est impliquée dans l’enseignement de la gastro-entérologie et de l’endoscopie digestive, notamment au niveau du Diplôme d’Enseignement Supérieur (DES), où elle jouit d’une réputation privilégiée. Des collaborations spécifiques internationales d’enseignement sont également établies, en particulier avec le Sénégal et le Rwanda. L’équipe de gastro-entérologie se caractérise par sa bonne entente et un esprit d’entraide constructive sur laquelle l’ensemble de l’activité est centrée.